Jeudi 22 mai, 19h30. La salle de l’école de Perbais se remplit. Au programme, un débat avec les agriculteurs et agricultrices des 2 communes: « Quelle agriculture pour demain? ». Une bonne centaine de personnes s’y retrouvent. Elles n’auront pas été déçues par cette soirée co-organisée par les locales ÉCOLO de Chastre et de Walhain.

A tout seigneur tout honneur. La soirée s’ouvre pas une photographie du métier d’agriculteur au départ d’interviews de ceux-ci. Paroles d’agriculteurs…

Quelques chiffres

A Walhain, les surfaces agricoles couvrent quelque 85% du territoire, soit 3220 ha. La plus grande partie est occupée par des terres de culture (71%), le reste par les prairies et friches agricoles (14%). On dénombre une bonne cinquantaine d’exploitations. Une grande majorité d’agriculteurs-trices a plus de 55 ans et trouve peu de repreneurs. Les reprises sont partielles, le bétail étant trop contraignant. D’ici 10 à 15 ans, l’hypothèse la plus vraisemblable est qu’il n’existe plus que de grosses exploitations de 400 à 500 ha. La situation est semblable à Chastre.

La qualité de vie des
agriculteurs et
agricultrices

La vie n’est pas facile. Peu de femmes restent à la ferme, nombre d’entre elles travaillant à l’extérieur. La sécurité d’existence n’est jamais assurée, ce qui explique ce travail des femmes en dehors de la ferme. La population est devenue fort agressive à l’égard des agriculteurs et la qualité de leurs productions n’est pas toujours reconnue. Un agriculteur dira plus tard dans la soirée, non sans ironie: « Avant, je nourrissais la population, aujourd’hui, je pollue ». De plus, trop de paperasseries et une grande dépendance à l’égard de la PAC (politique agricole commune) fait perdre le sens du métier. Enfin, ils soulignent la grande solitude qui est la leur.

Les finances

On assiste à une baisse généralisée des prix alors que les coûts d’exploitation ne cessent de monter. En cause, la concurrence des pays de l’Est, la PAC qui favorise les grandes exploitations. Le prix des terres agricoles est élevé en Brabant wallon, entre 40 et 60000 voire 70000€ pour un ha. Dès lors, les jeunes et les plus petits agriculteurs éprouvent des difficultés à acquérir des terres et les banques ne leur font pas facilement crédit.

Les alternatives?

Quid des circuits courts? Il n’est pas simple de les développer car l’AFSCA y applique un contrôle extrême. La vente dans les grandes surfaces proches? C’est la grande surface qui fixe les prix et, par ailleurs, elle demande des productions régulières, ce à quoi l’agriculteur ne peut pas toujours s’engager.
Le passage au bio? Il engendre des surcoûts et de la main d’œuvre supplémentaire.
La suppression des néonicotinoïdes et du glyphosate? Il faut alors les remplacer par d’autres pulvérisations. Lesquelles? Actuellement, les agriculteurs estiment qu’ils utilisent ces produits avec la plus grande parcimonie, en respectant les doses prescrites et contrôlées.
L’avenir? Que vont devenir les bâtiments, le matériel, les terres, le bétail? Les hommes et les femmes?

La soirée s’est poursuivie par différentes interventions d’agriculteurs pratiquant l’agriculture conventionnelle, raisonnée (un minimum d’intrants) ou encore résolument bio. Interventions également d’autres acteurs du monde agricole (le CRABE, Coprosain, le Credal, Terre-en-Vue et Inter Environnement Wallonie).

Difficile de répercuter le débat mais on peut vous assurer qu’il fut riche et quil a fait bouger les lignes dans certaines têtes.

Nous en avons retenu quelques éléments. D’abord que le métier est et reste un métier de passion. Que l’agriculture conventionnelle, la plus répandue, est de plus en plus contrôlée et a changé. Elle n’est plus cette agriculture à laquelle on reprochait de déverser sur et dans le sol des tas de produits néfastes. Ensuite que l’agriculture raisonnée ou bio est surtout l’affaire des jeunes générations. Elle offre des alternatives crédibles, y compris en terme de qualité de vie, et semble donner un nouveau sens et un nouveau souffle au métier. Enfin, que le consom-acteur a le dernier mot… et la responsabilité finale de payer le juste prix pour un produit de qualité.

Une soirée utile qui  a permis de voir se confronter, dans le respect, des pratiques et des expériences diversifiées qui toutes ont l’objectif louable de nourrir au mieux la population.

 

 

 

 

 

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