… à la découverte des fermes et potales

C’est sous un soleil radieux que s’est élancé le peloton de la troisième balade vélo, ce 10 juin 2018. Une cinquantaine de cyclistes enthousiastes ont sillonné les chemins champêtres de Walhain. Cette fois, ce sont les fermes et potales qui étaient à l’honneur.

Nous avons rencontré des agriculteurs ouverts et accueillants, qui nous ont fait découvrir leur vie, les enjeux et les difficultés de leur métier. Nous avons été touchés par leur accueil, leur passion et leurs interrogations sur l’avenir. Et puis, nous avons découvert l’importance des “potales” dans la vie de nos villages, hier mais encore aujourd’hui.

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Première escale, la ferme de la Basse-Cour (ou ferme Reuliaux) à Walhain. Nous déposons nos vélos et admirons la cour et le corps de logis daté de… 1618.  Cette année, on fête les 400 ans de cette ferme qui a fort probablement un lien étroit avec le Vieux-Château tout proche.

En face de la Basse-Cour, de l’autre côté de la rue de Sauvenière, la ferme Marette où nous avons rendez-vous avec Alexandre Evilard. Encore une ferme qui remonte au 17e siècle pour ses parties les plus anciennes. Un quartier chargé d’histoire donc… Alexandre nous raconte l’épisode de la bataille de Napoléon dont la ferme fut le théâtre mais il nous parle aussi et surtout de son métier, de ses cultures… et des difficultés qu’il rencontre. On sent un homme qui aime ce qu’il fait, qui veut en vivre dignement mais qui se heurte à bien des difficultés. Il conclut en renvoyant la balle aux consommateurs: on fait ce qu’on nous demande, mais vous, que voulez-vous et pourquoi vous battez-vous?

Direction, la ferme de Glimes à Tourinnes, par des chemins bucoliques inconnus de la plupart des cyclistes, notamment le Chemin de la Belle Haie.  Laurent Grégoire nous y reçoit dans la très belle cour d’une ferme édifiée dans la 1ère moitié du 18e siècle, sur les traces d’une exploitation qui remonte au 14e siècle. Laurent nous explique qu’il pratique une agriculture mixte, classique et bio (sur une dizaine d’ha). Il nous fait part des difficultés de travailler en bio, essentiellement en raison des besoins de main d’œuvre qui en augmentent le coût et de la nécessité de cultiver des céréales différentes en conventionnel et en bio. Laurent souligne le fait que les agriculteurs sont très contrôlés dans l’usage des produits phytosanitaires et que, fréquemment, lui-même utilise des engrais et des produits naturels.

A Nil, ce sont Isabelle et Daniel Denef qui nous accueillent dans leur exploitation essentiellement consacrée à l’élevage. Ils nous expliquent les satisfactions d’un métier qui, on le sent, est leur passion. S’occuper des animaux, veiller sur leur bien-être (je vous invite à visiter l’étable avec les petits veaux. Remarquable!). Quant aux difficultés, elles sont  liées à plusieurs facteurs: le prix des prairies, les contraintes urbanistiques pour installer une étable ou un hangar en raison des distances à respecter, les contrôles fréquents dont ils font l’objet. Et pour la relève, pas de perspective actuellement en vue…

Fin du parcours à la Cense de La Tour, à Nil-Pierreux. Là aussi, une ferme qui a eu rendez-vous avec l’histoire, qui fut le centre d’une d’exploitation au Moyen-Age et dont une partie des bâtiments actuels datent de la 1ère moité du 18e siècle. Cette ferme a été rachetée par des particuliers qui l’aménagent en respectant l’aspect patrimonial du lieu. Des chambres d’hôtes y sont ouvertes ainsi que des salles de réception. La Cense a reçu récemment le label Produits locaux de Walhain (légumes, jus de fruits et confitures).

En cours de route, nous découvrons quelques “potales”, sur les façades de maisons ou de granges, au bord d’un chemin. En wallon, “potale” signifie “trou”. De fait, la potale est généralement creusée dans un mur et elle abrite une statue. En français, on dira une niche. (Il existe aussi des  bornes-potales, niches surmontant un socle, comme le montre la photo ci-contre.) Ces potales constituent un véritable patrimoine dont nous pouvons être fiers. Les habitants y semblent attachés au vu des fleurs et des nombreuses statues qu’on peut y trouver. Elles sont dédiées à des saints universels et locaux qui protègent les lieux ou que l’on invoque contre une calamité. Témoin, cette grange de Tourinnes qui brûla au début du 20e siècle. Pour éviter la répétition du sinistre, le propriétaire y fit placer une statue de saint Donat réputé protéger contre le feu. Mieux qu’un paratonnerre…! Chaque potale raconte ainsi une histoire de la maison sur laquelle elle se trouve et de ses habitants. Émouvant!

Que retenir de cette balade?

Nous avons rencontré des agriculteurs passionnés et passionnants mais dont les regards sont souvent remplis de points d’interrogation quant à l’avenir. Quelle place l’agriculture dans le cœur de nos villages et surtout pour l’élevage du bétail ? Quelle place pour les petites exploitations ? Comment disposer d’assez de terres et à des prix acceptables ? Comment vivre aujourd’hui comme agriculteur ? Quelles possibilités pour l’agriculture bio et quelles difficultés ? Quelles réhabilitations pour ces bâtiments qui cessent d’être des exploitations agricoles ?

MERCI à toutes et tous pour ces rencontres et ces échanges constructifs !

Et puis, cette balade, ce fut aussi l’occasion de découvrir de nouveaux chemins, souvent ignorés, ainsi qu’une infime partie du petit patrimoine que recèle notre commune. Autant de découvertes à prolonger, seul.e ou en groupe…

 

Ci-dessous l’itinéraire suivi avec, en jaune, les points d’arrêt.

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