A Mon Doné et Terre de Miel prennent leurs quartiers d’hiver

A Mon Donné modifie l’attelage

« Nous arrivons au terme de notre 3e année de maraîchage. Le projet A Mon Doné a beaucoup évolué, et nous avons grandi avec lui. Cette année encore, nous profiterons de l’hiver pour laisser à la terre le temps de se ressourcer, et surtout à nos esprits de restructurer le projet. En effet, à la fin de l’année 2017, Arthur et Victor quitteront le projet. Mathieu continuera donc seul la belle entreprise commencée. (…). On se retrouve au printemps ! »  A l’origine d’A Mon Doné, trois jeunes et une production de légumes naturels sur sol vivant à Tourinnes-Saint-Lambert, près des tumuli. Désormais, il n’y aura plus de vente sur le champ mais en direct, via le site.

Terre de Miel prend distance

« Les projets de Terre de Miel cet hiver ? Tout paysan est attaché à sa terre. La quitter est pratiquement et mentalement difficile. La connaitre, la façonner, l’améliorer, est le travail d’une vie. Nous avons décidé d’arrêter la location précaire de notre terrain pour partir à la recherche d’une terre à laquelle s’attacher, d’un territoire où s’ancrer et d’une région où poser nos bagages. (…) Nous vous tiendrons au courant de nos recherches et avancées prochainement ! En attendant, nous vous souhaitons un bel hiver et une belle route vers un avenir plus juste et plus vert ! ». Vianney et Mathilde ont développé du maraichage et de l’apiculture à Walhain, en face du Vieux Château. Voir ici…

Des éléments d’explication

Antoinette Dumont, spécialisée en socio-économie rurale, explique au journal  Le Soir du 26 décembre : « De plus en plus de jeunes qui ne sont pas issus du monde agricole choisissent de s’installer en maraîchage sur petites surfaces en agriculture biologique ou associée. Ils sont à la recherche d’un job utile pour la société, qui fasse sens et participe à un monde plus juste ». Mais, ajoute-t-elle, le prix à payer est élevé : le gain est, au mieux, de 2.000 euros par mois avant impôt pour 53 heures de travail par semaine. Les petits maraîchers ne sont pas issus du monde agricole. Ils arrivent souvent avec une moindre expérience de terrain. Ils doivent acquérir de la terre à très haut prix. Enfin, les aides régionales à l’investissement ont été pensées pour des coopératives agricoles.
Seuls survivent sans trop de difficultés les maraichers qui ont une superficie plus importante, entre 2.5 et 10 ha. On pense ici à l’Archenterre qui maintient le cap, pour notre plus grand bonheur.

Des pistes de solution

A situation complexe, solutions multiples. Antoinette Dumont en évoque plusieurs. Il conviendrait certes de faciliter l’accès à la terre pour ces petits maraichers (on pense ici à Terre de Miel en quête de terrains),  promouvoir les aides à l’investissement. Mais pour elle, la piste la plus intéressante consiste pour les petits maraichers à se fédérer entre eux et à s’adosser, s’allier à d’autres systèmes de production, d’autres entreprises agricoles.
« Le soutien solidaire des débuts s’essouffle, ajoute la chercheuse, et je ne crois pas à une transition complètement apolitique qui passera uniquement par les consommateurs ». Remarque fort intéressante et à creuser…

En tant qu’Ecolos, en particulier à Walhain, nous ne pouvons qu’être sensibles à cette situation qui nous touche de près.  « Nous sommes convaincus que notre mode de culture répond à une envie, un besoin même, chaque jour plus grand et partagé de se nourrir et de consommer autrement« , écrivent les jeunes d’Amon Doné.

Il est de notre responsabilité de soutenir les initiatives de ces jeunes maraichers et, dans la mesure du possible, de les aider à s’installer dans la durée.

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