Les entreprises ne sont pas les seules à présenter leur bilan financier annuel et à le faire certifier. Il en va de même des comptes communaux qui sont la photographie annuelle de la situation financière de la commune.
Et ne boudons pas notre plaisir! Après de très nombreuses années de détérioration et de restructuration des finances communales, le compte 2016 présente un confortable (et surprenant) boni financier de 1.000.000€ après un nettoyage intégral et historique des « non-valeurs » (recettes présumées et jamais perçues) du passé parfois lointain.

Tout ceci demande plusieurs explications qui expliqueront ma conclusion prudente que la presse a relatée.

 

DES EXPLICATIONS OBJECTIVES

Les recettes sont en nette hausse. Normal et attendu pour la plupart en raison de la hausse des impôts que nous aurions tous voulu éviter fin 2014. La grosse surprise est venue de la très forte hausse en toute fin d’année des recettes de l’IPP (impôt sur les personnes physiques) tout au contraire de ce qui s’était passé en 2015 (voir tableau ci-dessous). Or ces recettes de l’IPP représentent notre source de revenu le PLUS IMPORTANT et leur anticipation par le SPF finances (fédéral) semble devenue impossible.
Pourquoi ? Personne ne maîtrise l’effet du Tax shift sur les rentrées de l’impôt ; en 2015, un retard dans la perception de l’impôt ; en 2016 le rattrapage de l’impôt mais en sus une accélération de la perception par voie électronique ? Les chiffres ci-dessous interpellent mais réjouissons-nous, cette fois dans le bon sens !

La mauvaise situation financière héritée du passé nous a fait connaitre la crise plus tôt que d’autres communes et nous a conduits à une meilleure maîtrise des coûts. Aujourd’hui, nous avons anticipé ce que d’autres communes découvrent à leur tour. Ouf ! Avec l’aide d’un expert, depuis 2015, nous avons remis de l’ordre dans tous les tiroirs et nettoyé tous ces comptes communaux du passé gonflés par des recettes qui n’ont jamais existé concrètement. Près d’un million d’euros quand même… Ce n’est pas rien!

La dette historiquement haute à Walhain continue à se résorber ainsi que sa charge sur les budgets annuels : c’est une nouvelle marge de manœuvre peu à peu retrouvée et nous pourrons à nouveau procéder à des emprunts plus importants en cas de besoin.

La bonne santé des écoles se traduit aussi par des interventions communales moindres là où la commune devait payer des charges d’enseignants pour maintenir les écoles dans chaque village. La population scolaire est en plein essor : son financement n’en est que meilleur.

Les importantes dépenses de transferts sont stabilisées. Elles représentent 1.849.152 €. Après des années de fortes augmentations, les dépenses de la zone de police, de la zone incendie, du CPAS se sont stabilisées. Pour le CPAS, le temps d’une nouvelle analyse de ses missions et de sa dotation doivent être à l’ordre du jour et sur ce point, majorité et opposition devraient se rejoindre.

Les deux hivers doux que nous avons connus successivement ont contribué à des économies substantielles en matière de salage et d’énergie. Le prix bas du pétrole et les investissements réalisés ces dernières années en matière de réduction des consommations ont aussi largement compensé les augmentations du coût de l’électricité pour les communes.

Les coûts de fonctionnement et frais de personnel ont été maîtrisés sans jamais recourir, comme dans d’autres communes, à des licenciements.

Les investissements et les emprunts ont été limités à l’extraordinaire. En 2016, nous avons conclu des investissements pour un montant global de 879 041 €, financés par emprunts pour un montant de 44 442€, par subsides pour un montant de   299 850€ et par autofinancement pour un montant de 534.749 €.
Nous constatons sur les 4 dernières années, un équilibre entre les différents modes de financement : 24 % par autofinancement (16 % en 2015), 33 % par emprunts (40 % en 2015) et 43 % par subsides (44 % en 2015) et ce, malgré les restrictions d’enveloppes budgétaires disponibles au niveau supra communal.

DES CONCLUSIONS PLUS PERSONNELLES

Au-delà des grandes envolées dans l’opposition et la majorité, permettez-moi d’expliquer pourquoi je continue à prôner la prudence dans les prochains mois, malgré un bel optimisme.

Fin 2015, le SPF nous annonce une erreur de prévision de -650 000€. Fin 2016, il nous annonce une bonne nouvelle inattendue de +400 000 euros supplémentaires à leurs prévisions les plus optimistes. Jusqu’en 2015, les prévisions du SPF étaient fiables. Aujourd’hui, ces prévisions sont incertaines sur des montants qui dépassent nos marges de manœuvre. C’est du jamais vu.

La dette diminue et enfin, nous avons nettoyé ces faux boni virtuels hérités d’une mauvaise pratique financière d’un passé lointain. La situation fin 2016 est pour la première fois vérifiée et bien  réelle. Il faut encore attendre la certification de la tutelle pour être totalement rassurés.

Les marges de manœuvre importantes dégagées aujourd’hui doivent être dirigées en priorité vers des investissements porteurs de nouvelles économies pour demain comme l’énergie, des infrastructures et des outils plus performants. Toujours avec cette volonté du collège d’être plus proche et au service des besoins des citoyens car c’est d’abord avec leur argent que la commune se finance. Sans oublier celles et ceux qui subissent durement une crise qui n’en finit pas depuis les crashs bancaires de 2008.

 

Jean-Marie GILLET

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