Le cri d’alarme des communes.


Le dernier Conseil communal de l’année 2014 (22 décembre) aura été chargé: remplacement de Christian Reuliaux par Xavier Dubois (minorité), examen du rapport annuel sur la situation de la commune (on vous en reparlera), budget du CPAS, subventions aux associations…

Mais c’est essentiellement le budget 2015 de la commune qui a eu la vedette au cours de la soirée. Les citoyens présents dans la salle (ils n’étaient pas nombreux!) ont appris que le budget de la commune ne se portait pas bien et qu’il faudrait recourir à des recettes nouvelles.

Pourquoi et comment en est-on arrivé là?

La bourgmestre a mis le débat en perspective. « Le contexte général est difficile et des décisions fortes doivent être prises sans tarder. Nous sommes paralysés par l’augmentation de coûts que nous ne maîtrisons pas. » Et de citer en exemples la zone de police, les services incendie, le CPAS, la crèche, les Fabriques d’Eglise, le coût du personnel, la gestion des déchets. Et surtout, le poids de la dette héritée d’un passé long de 25 ans qui s’élèvera à près de 1.5million d’€ en 2015.

Et Laurence Smets de conclure: « Les communes poussent aujourd’hui un cri d’alarme et réclament davantage de concertation et de compensations financières dans les décisions prises et à prendre. »

Conséquences? Recettes nouvelles et réduction des dépenses.

Côté recettes, la plus importante et celle que tous retiendront, c’est l’augmentation des taxes. Les additionnels à l’Impôt des Personnes Physiques (IPP) passeront de 8 à 8.5% et les additionnels sur le Précompte immobilier (PI) de 2300 à 2500. La différence moyenne pour l’IPP sera de + 24.69€/an par contribuable et pour l’PI de + 19.30€ par habitation. C’est une moyenne… Le montant ne sera pas le même pour tous, évidemment, l’IPP étant fonction des revenus et le PI du revenu cadastral.

Ces taxes permettent de présenter un budget en équilibre. Sans elles et sans les efforts consentis en réduction des dépenses, ce serait un déficit de quelque 400.000€…

Les dépenses ordinaires de la commune seront rabotées. La partie la plus visible pour le citoyen, ce sont la réduction de 10% des subventions communales aux associations (sauf la crèche Le petit Favia et TV Com), la facturation des prestations des ouvriers communaux à des tiers, de l’occupation des salles communales et de l’utilisation du matériel de la commune.

Côté administration: compression de toutes les dépenses de fonctionnement (énergie, réceptions, téléphonie, assurances, impressions, etc.), non remplacement des départs à la pension en 2015 et 2016, réduction de certains coûts dans l’enseignement communal, fin du contrat du journaliste chargé du site, etc.

D’autres pistes pour l’avenir?
La dotation du CPAS est maintenue mais sera revue si nécessaire avec recentrage des activités du CPAS. La réflexion portera aussi sur le recours à des partenariats public-privé, à des sous-traitances ciblées, à une Régie Communale Autonome pour la gestion des salles communales et centres sportifs, à une accélération des investissements pour les économies d’énergie, à de nouvelles conventions avec le foot et le centre sportif. Une réflexion aussi sur la limitation du coût des Fabriques d’Eglise. Enfin, un audit destiné à identifier d’autres sources d’économie et les améliorations à apporter à l’organisation des services. Côté recettes, à signaler aussi des projets dont les effets se feront sentir dans plusieurs années comme, par exemple, le zoning artisanal et les projets de logements publics-privé.

Le budget extraordinaire respectant quant à lui les balises imposées, les principaux investissements sont maintenus mais avec prudence. Chaque investissement sera envisagé sur base de sa pertinence et de son financement. Si certains sont reportés (le Vieux Château), la plupart sont maintenus: travaux à l’école de Tourinnes, sécurité des salles sportives, équipements techniques communaux, aménagements de parkings, sécurité et mobilité, lutte contre les inondations, PCA de Nil, rénovations d’églises, investissements en matière d’efficacité énergétique, etc.

Les réactions de l’opposition? Pas assez de rigueur, trop d’austérité.

Des efforts sont faits, mais pas assez. La rigueur, on ne la voit pas. Par contre l’austérité aura un impact sur tous les citoyens et s’ajoutera à celle qui est déjà imposée par les autres niveaux de pouvoir, a indiqué Xavier Dubois. L’opposition s’est dite prête à collaborer à la recherche de solutions et propose quelques pistes: revoir certaines dépenses de fonctionnement et entre autres le subside alloué à la crèche Le petit Favia; supprimer la prime pour les vélos à assistance électrique; revoir le coût des jardinières, les honoraires de certaines études. Côté recettes, l’opposition pointe les non-recettes liées aux sablières et à l’éolien.

Pour la majorité, certaines de ces pistes ne sont pas pertinentes (par exemple, la prime vélo est à charge de la Région et pas de la Commune et la crèche Le petit Favia, c’est un service rendu au public et qui répond à de réels besoins). Et, en tout état de cause, ces quelques pistes ne permettent pas de répondre à la hauteur des défis et des économies à réaliser. « Donnez-nous des pistes qui permettent de diminuer les dépenses de 200.000€ » a conclu Jean-Marie Gillet.

Sans surprise, le budget a été approuvé majorité contre opposition.

L’avis de Jean-Marie Gillet, échevin (ECOLO)

Suite à ce Conseil communal stratégique pour l’avenir de Walhain, nous avons posé 3 questions à Jean-Marie Gillet, échevin (ECOLO):
– En quelques mots, que penses-tu de ces taxes nouvelles?
– N’y avait-il pas moyen de les éviter?
– Es-tu confiant pour l’avenir?

Vous trouverez ses réponses ici…

Lire aussi l’article de Laurence Dumonceau dans L’Avenir…

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