L’autorité européenne de sécurité des aliments a enfin reconnu plus explicitement les effets de certains insecticides sur le déclin des abeilles.


Si la Commission s’est pour le moment contentée d’adresser une lettre aux deux sociétés productrices de ces insecticides, il est plus que temps que des mesures soient prises au niveau européen pour protéger tant les abeilles que la santé des professionnels qui utilisent ces produits. Rappelons qu’au-delà les abeilles, l’enjeu est aussi celui de la biodiversité, celui de la pollinisation, et donc du rendement des cultures, et celui de la santé des agriculteurs et de notre santé à tous !

Au fil des ans, les études scientifiques ont permis d’établir que les pesticides dits «systémiques» ou «néonicotinoïdes» ont bien un impact létal sur les abeilles, qu’ils désorientent, au point que certaines ne savent plus revenir à leurs ruches. En une quinzaine d’années, leur mortalité est passée de 5 à 30%.

Depuis longtemps, Ecolo et Groen demandent des mesures de suspension des agréments au niveau belge. En juin dernier, la députée Thérèse Snoy avait pointé l’utilisation du Cruiser (contenant la neonicotinoïde thiametoxam) dans les semences de lin, de betteraves et de certains légumes. La Ministre fédérale de l’Agriculture Sabine Laruelle avait alors refusé d’avancer dans ce dossier, contrairement à la France, l’Allemagne et l’Italie, préférant attendre une décision européenne. La France a ainsi retiré le 29 juillet l’autorisation de mise sur le marché (AMM) du Cruiser OSR utilisé en traitement de semence pour le colza. Reste son usage pour le maïs qui, bien que contesté, n’a pas été à ce stade définitivement banni.

L’Italie et l’Allemagne interdisent l’usage des pesticides incriminés seulement pour le maïs, les Pays-Bas pour traiter les plantes qui attirent les abeilles, et la Slovénie pour toutes les plantes. Plus rien ne s’oppose désormais à une avancée belge sur la question.

Maintenant que les risques sont encore une fois confirmés, les écologistes demandent dès lors au gouvernement fédéral de suspendre dès ce printemps 2013 les autorisations des insecticides contenant des neonicotinoïdes, qu’ils soient sous forme à pulvériser ou sous forme d’enrobage des semences.

Ecolo demande également que la Belgique s’implique activement dans la révision du protocole d’agrément des substances. Nous estimons en effet que l’évaluation des substances et produits avant leur mise sur le marché doit comporter une forme de contre-expertise des données fournies par le producteur, une évaluation des risques d’une exposition à faible dose à moyen et à long terme ainsi qu’une évaluation de l’effet cumulé en cas d’exposition à plusieurs substances.

Plus d’informations sur le site d’Ecolo

Et sur le site de L’Avenir

 

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