Rapport 2010 du Conseil supérieur de l’emploi

Le Conseil supérieur de l’emploi a publié vendredi son rapport annuel sur l’évolution du marché du travail en Belgique. Il insiste sur la nécessité de « verdir » l’économie, dont il perçoit le redressement, tout en s’inquiétant de la hausse du chômage structurel.


Amorce de redressement, mais sans diminution du chômage. Sur base des enquêtes de conjoncture, les prévisions en matière d’emploi se seraient redressées, tant dans l’industrie, la construction, les services aux entreprises que le commerce. L’activité devrait continuer à se renforcer en 2010 et 2011, même si des incertitudes subsistent concernant la pérennité de cette croissance. Le chômage devrait cependant encore continuer à augmenter en raison d’un redressement plus rapide de la croissance de la population active que de l’emploi.

Relever le taux d’emploi et mobiliser la main-d’œuvre disponible. Face à la hausse annoncée du chômage, le Conseil supérieur de l’emploi fait une série de recommandations : participer à la reprise internationale en préservant la compétitivité ; éviter que le chômage conjoncturel ne devienne structurel en adaptant la politique d’accompagnement et d’activation, notamment « en incitant les chômeurs à accepter des offres d’emploi convenables qui leur sont proposées » ; définir une stratégie de croissance et d’emploi en renforçant quantitativement l’offre de travail pour les groupes « à risques » (jeunes, âgés, étrangers non européens…)

Emplois verts : former une main-d’œuvre qualifiée. Considérées au départ comme une menace pour l’emploi, les préoccupations environnementales sont, aujourd’hui, des réalités auxquelles il s’agit de faire face, estime le Conseil, au risque, pour les pays qui y resteraient sourds, de décliner. Les pouvoirs publics peuvent accompagner ce « verdissement de l’économie » en stimulant la recherche et les nouvelles initiatives économiques, à condition que les entreprises qui y prennent part puissent accéder à une main-d’œuvre qualifiée. Il est donc nécessaire d’accroître le nombre de techniciens et d’ingénieurs diplômés, en continuant à valoriser les formations techniques et scientifiques traditionnelles, sur lesquelles se fonde déjà l’essentiel des besoins de compétences des entreprises vertes, et en adaptant les programmes scolaires pour y intégrer les conceptions de développement durable. Le Conseil recommande par ailleurs la création d’un observatoire prospectif des métiers et compétences dans le cadre du « verdissement » des emplois, à l’instar de ce qui existe en France ou aux Pays-Bas. Cet observatoire devrait identifier les secteurs dont l’activité est appelée à décliner et anticiper les besoins de reconversion.

Accompagner la transition vers une économie verte. Potentiellement créatrice d’emplois, le verdissement de l’économie annonce, dans le même temps le déclin de certaines activités. Une transition qui suppose, selon le Conseil, une adaptation du droit du travail pour faciliter les mutations, une amélioration de la rencontre de l’offre et de la demande et un accompagnement social des restructurations en même temps qu’une attention particulière à porter à la qualité des nouveaux emplois verts.

FABRICE VOOGT

Le Soir des 26 et 27 juin 2010

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